| Les premiers soins dans les jeux de rôle | précédent |

Les fonctions vitales et les points de vie

Le but de cette partie est de faire le lien entre le fonctionnement du corps humain et la notion de point de vie.

  1. Introduction ;
  2. La vitalitÚ ;
    1. Les cellules et le métabolisme ;
    2. Le sang ;
    3. Le sucre ;
    4. L'oxygène ;
    5. Le gaz carbonique ;
  3. Les fonctions vitales ;
  4. Les points de vie ;
    1. Chiffrer la conscience ;
    2. Chiffrer la respiration ;
    3. Chiffrer la circulation ;
    4. Score total.


Introduction

Le notion de points de vie est associée à la notion de vitalité, de tonus, de dynamisme, et de bonne santé. Certains jeux distinguent les points de vie et l'endurance ; dans ce cas, l'endurance désigne la fatigue physique, l'essouflement, une diminution temporaire des capacités physiques sans conséquence grave pour la santé. Dans certains jeux, cette notion est introduite par une perte temporaire de points de vie, voir une perte fictive (il faut alors tenir une double comptabilité), ou tout simplement par des malus (p.-ex. -1 après 10 tours de combat).

Un des points critiques est la mort d'un personnage. Il y a en général un seuil de PV en dessous duquel le personnage est déclaré mort, en général zéro ou bien un nombre négatif calculé à partir de la constitution. Ce seuil sera appellé ici seuil de décès. Nous définissons également un autre seuil, le seuil critique, qui correspond à l'agonie, le personnage va mourir dans les minutes qui suivent si aucun soin ne lui est prodigué, il est en général dans le coma (inconscience prolongée), donc incapable d'agir. Lorsque le seuil de décès est négatif, le seuil critique est souvent de 0. À RuneQuest, le seuil critique est de 1, le seuil de décès est à 0.

Notons qu'un personnage ne peut pas réellement savoir si un autre a atteint son seuil de décès, seul un examen poussé (magique, ou bien technologique, p.-ex. électro-encéphalogramme) peut permettre de le dire. Ou alors, c'est que la mort remonte à un certain temps (corps rigide et peau marbrée, ou bien décomposition) ou encore que la tête est coupée ou le coeur arraché (bien qu'un certain canard nommé Herbert, duc de Vaucansson... (-:) Par contre, un certain nombre de signes permettent d'évaluer la gravité de la situation.

Nous allons donc présenter une façon d'aborder le concept de vitalité, puis, voir les fonctions vitales qui servent à entretenir cette vitalité, et enfin nous essaierons d'établir une échelle chiffrée de cette vitalité. Ceci nous amènera à définir quatre "zones" de point de vie, correspondant à l'état général de santé du personnage (de "tout va bien" à "c'est fini").

| supra | début |


La vitalitÚ

  1. Les cellules et le métabolisme ;
  2. Le sang ;
  3. Le sucre ;
  4. L'oxygène ;
  5. Le gaz carbonique.

Les cellules et le métabolisme

Le corps humain est composé de milliards de cellules, qui ont chacune leurs spécificités.

La liste n'est bien sûr pas exhaustive, mais ce qu'il faut noter, c'est que ces cellules sont toutes conçues de la même manière, elles ont donc toutes besoin de la même chose pour fonctionner.

Une cellule est comme un moteur. Pour tourner, un moteur à besoin d'essence, d'oxygène (O2, un gaz qui compose 1/5e de l'air) pour que l'essence puisse brûler, et il rejette des déchets, principalement du gaz carbonique (CO2). Pour la cellule, l'essence est le sucre (glucose), il est lui aussi brûlé avec de l'oxygène, et cela produit du gaz carbonique comme rejet.

métabolisme - les organes sont comme des moteurs
Fig. 1 - Métabolisme des cellules - les organes sont comme des moteurs

Donc, pour que le corps humain fonctionne bien, il lui faut au moins ces trois choses : du sucre, de l'oxygène, et expulser les déchets. Le fonctionnement d'une cellule, l'ensemble des mécanismes et réactions chimiques qui permettent à la cellule de fonctionner, s'appelle le métabolisme.

Une première idée consiste à dire :

Pour que le corps fonctionne bien, il faut que chaque cellule fonctionne bien. Cela nécessite notamment une alimentation régulière et suffisante en oxygène et en sucre, et une bonne évacuation du gaz carbonique.
On peut donc associer la notion de vitalité à ce métabolisme. Voyons ce qui peut le troubler, c'est à dire diminuer la vitalité, faire baisser les points de vie ou d'endurance. Pour cela, il faut d'abord décrire le fonctionnement de chaque élément du métabolisme.

NB : il se peut que le métabolisme des cellules soit directement bloqué, comme c'est le cas des empoisonnements aux cyanures (CN-) par exemple. En gros, le moteur est bien alimenté, mais il ne tourne pas. Ceci sort largement du cadre de l'article, de même que le bon fonctionnement des organes, les équilibres dans le corps qui permettent son bon fonctionnement (bonne température, bonne acidité et bonne dilution du sang...)
Tout cela pour dire que cet article ne se veut pas exact, il contient même probablement des erreurs, et encore moins exhaustif, tout au plus effleure-t-il le sujet, et explique-t-il pourquoi il ne suffit pas de jeter des dés pour voir les points de vie remonter à bloc...

| supra | début |

Le sang

Le sang est ce qui transporte l'oxygène, le sucre et le gaz carbonique dans l'organisme comme nous le verrons plus loin. C'est donc un des points centraux de la vitalité.

Le sang est un liquide de couleur rouge, transporté dans des tuyaux, appelés vaisseaux sanguins (selon leur fonction, on les appelle aussi veines ou artères). Il circule grâce au coeur, un muscle qui joue le rôle de pompe. Ceci constitue la circulation sanguine.

circulation du sang - transport de l'oxygène et du gaz carbonique circulation du sang - artères et veines
Fig. 2 - Circulation du sang - transport de l'oxygène dans les artères (rouges) et du gaz carbonique dans les veines (bleues)

C'est le sang qui donne la couleur rosée aux muqueuses (lèvres, langue, face interne des paupières, ongles). Lorsque les muqueuses deviennent pâles, c'est donc un signe de mauvaise circulation du sang.

La couleur rouge du sang est due à la présence d'oxygène, si le sang ne transporte pas d'oxygène, il est de couleur bleue ; on peut voir cela sur de la viande emballée sous vide. Donc, chez une personne en manque d'oxygène, les muqueuses deviennent bleues ou violettes, elles sont dites cyanosées.

Chez les personnes à la peau blanche, on peut aussi voir la pâleur ou la cyanose sur la peau ; on peut avoir parfois un aspect marbré (la peau est de deux couleurs différentes, cela forme un réseau).

Une petite présentation illustrée du sang sur ce site.

| supra | début |

Le sucre

Le sucre provient de l'alimentation. La digestion consiste à diviser chimiquement les aliments pourqu'ils puissent ensuite passer dans le sang. Le sucre est donc transporté dans le sang jusqu'aux cellules où il est stocké. Les cellules disposent donc de leur propre stock. Il y a aussi un stock commun, notamment la graisse, qui permet de réapprovisionner une cellule en manque.

Le manque de sucre est rarement un problème vital, sauf en cas de famine ou de maladie spécifique (diabète par exemple). Lorsque l'on fournit un effort, il peut y avoir un manque momentané de sucre disponible, le temps que les stocks se libèrent, on éprouve alors de la faim et une faiblesse passagère, une "fringale", éventuellement associée à un vertige, c'est alors un "malaise hypoglycémique". C'est une sensation passagère qui se résoud en se reposant un peu ou en s'alimentant.

Pour un effort modéré mais constant comme une course de demi-fond ou de fond, il y a un gros coup de fringale après 20 minutes d'effort, et un autre après deux heures (les marathoniens confirmeront). Au niveau de la gestion des points, cette fringale se traduirait par une perte d'endurance en "dents de scie" : le taux de sucre baisse, le nombre de points d'endurance aussi, puis les stocks se libèrent, le nombre de points remonte, puis baisse etc... Du fait de la complexité d'une telle gestion des points d'endurance, une baisse régulière semble plus sage même si moins exacte...

| supra | début |

L'oxygène

L'oxygène est extrait de l'air par les poumons. Il passe dans le sang et est transporté jusque dans les cellules. Contrairement au sucre, l'oxyène ne peut pas être stocké, il faut donc un apport constant :

de l'air pur, une bonne respiration, et une bonne circulation du sang.

On peut avoir un léger manque d'oxygène dans les cellules si l'on fait un effort important et que la respiration et la circulation ne suffisent pas à alimenter les cellules. Le corps fait alors appel à d'autres sources d'énergie plus polluantes, qui "encrassent" l'organisme et donnent des crampes et courbatures (effort anaérobie, c'est la fermentation lactique).

Si maintenant l'oxygène manque, non pas parce que le besoin a augmentée, mais parce que le corps ne peut plus en fournir :

Les cellules ne peuvent plus fonctionner, la vie est alors gravement menacée. Un arrêt brusque et total de l'alimentation des cellules en oxygène, comme par exemple un arrêt du coeur, entraîne donc Au-dela, les cellules commencent à mourir, ce qui diminue rapidement les chances de réanimation (ou de "ressuscitation") et entraîne de toute manière des séquelles irréversibles.

Le manque d'oxygène au niveau des cellules peut être aussi progressif :

On a alors une baisse progressive des points de vie jusqu'au seuil critique. Cette perte peut être réversible si l'on supprime la cause (on rétablit une atmosphère respirable, on supprime l'étranglement, on libére le passage de l'air), mais elle peut aussi nécessiter des soins (empoisonnements, maladie, hémorragie) pour revenir à son niveau maximum.
Lorsque les points de vie sont arrivés au seuil critique, on se retrouve dans la configuration précédente.
Dans le cas d'un étouffement (blocage de la respiration), la perte de PV est très rapide (le seuil critique est atteint en environs 3 minutes).

| supra | début |

Le gaz carbonique

Le gaz carbonique produit par le fonctionnement des cellules est rejetté dans le sang, qui l'amène jusqu'aux poumons qui le rejettent dans l'air lors de l'expiration. Si le gaz carbonique s'élimine mal, cela se traduit par des sueurs abondantes, dites sueurs froides car elle ont lieu même quand la personne ne fait pas d'effort et n'a pas chaud. Un problème d'élimination du gaz carbonique est rarement un problème en soi, c'est plutôt un signe que quelquechose d'autre ne va pas. Par exemple, si la circulation du sang ne se fait pas bien (problème de coeur, hémorragie...), on peu voir apparaître des sueurs. C'est donc un signe qui peut indiquer un problème, notamment s'il est associé avec une pâleur des muqueuses.

| supra | début |


Les fonctions vitales

On a vu que le point critique était l'acheminement d'oxygène vers les cellules, les autres points étant secondaires. Cet acheminement, et donc la vie, est assuré par trois mécanismes dits fonctions vitales. Les fonctions vitales sont :

La défaillance de l'une de ces fonctions entraîne la mort rapidement : les cellules sont mal alimentées en oxygène, ce qui provoque une baisse de points de vie ; arrivé au seuil critique, les deux autres fonctions vitales deviennent défaillantes, la personne tombe donc dans le coma, jusqu'à ce que les points de vie atteignent le seuil de décès.

En fait, la notion de vitalité, et donc les points de vie, correspondent à l'état de ces fonctions vitales. Une perte de points de vie signifie une atteinte à l'une de ces fonctions :

| supra | début |

Les points de vie

Maintenant que nous avons effleuré la notion de vitalité, la question est donc : comment chiffrer cette notion ? Nous n'allons pas présenter ici un système pour se substituer aux systèmes préexistants, mais plutot établir un lien entre une échelle sur 12 points et une description de l'état d'un personnage.

Puisqu'il y a trois fonctions vitales, l'idée est de chiffrer chaque fonction. Cette notion de chiffrage est largement répendue en secourisme, puisque c'est par ce moyen que le médecin régulateur du SAMU, à l'autre bout du téléphone ou de la radio, va pouvoir juger de l'état d'une victime qu'il ne voit pas lui-même. Cependant, nous avons vu que les fonctions vitales avaient un effet les unes sur les autre, la défaillance de l'une d'elle altère les autres. Le chiffrage est donc purement descriptif, et l'échelle que nous allons voir est arbitraire.

  1. Chiffrer la conscience ;
  2. Chiffrer la respiration ;
  3. Chiffrer la circulation ;
  4. Score total.

Chiffrer la conscience

Il existe déjà des échelles pour chiffrer la conscience, la plus utilisée étant l'échelle de Glasgow , qui va de 3 "coma profond" à 15 "tout va bien" (on effectue en fait trois tests et on fait la somme des trois notes). Nous utiliserons ici un échelle à quatre niveaux :
ChiffrageÉtat
4 Tout va bien
3 La personne est désorientée, agitée, agit ou parle d'une manière inadaptée à la situation, ou bien présente une somnolence
2 La personne est inerte, elle réagit faiblement lorsqu'on la solicite, elle a encore des réflexes vitaux de base (tousser pour évacuer une gêne de la respiration)
1 Coma, la personne est complètement inerte, ne réagit pas, n'a aucun réflexe

| supra | début |

Chiffrer la respiration

En secourisme, on donne le nombre de respirations par minutes, ainsi qu'une description qualitative : si les mouvements de la poitrine et du ventre sont amples ou superficiels, si lon entend des bruits indiquant une gêne, si les mouvements sont réguliers ou irréguliers... Notons que la qualité de l'air intervient aussi dans l'efficacité de la respiration. Nous allons définir ici quatre niveaux d'efficacité :
ChiffrageÉtat
4 Tout va bien, l'atmosphère est saine, la respiration efficace*
3 La respiration est un peu gênée (asthme, objet, on entend des râles ou des sifflements), ou bien elle est superficielle et/ou irrégulière, ou encore l'atmosphère est légèrement viciée ; le personnage présente des sueurs froides, voir un début de cyanose, il est essoufflé voir faible
2 La respiration est quasiment inefficace, soit l'air passe mal (le personnage fait de grand efforts pour respirer, on entend des râles ou des sifflements), soit elle est très faible (peu ample et/ou très lente), soit l'air ne contient quasiment pas d'oxygène
1 La respiration est totalement inefficace voir arrêtée, ou bien l'atmosphère respirée ne contient pas d'oxygène

* la fréquence habituelle pour un adulte au repos est de 12 à 15 respirations par minute, c'est plus rapide pour un enfant (20 à 30 pour un nourisson) ; certaines personnes, dont les sportifs entrainés, peuvent avoir une respiration au repos plus lente.

| supra | début |

Chiffrer la circulation

En secourisme, on donne le nombre de battement de coeur par minutes, ainsi qu'une description qualitative : si le pouls est bien perçu ou pas (indication de la pression du sang), et sa régularité. Nous allons définir ici quatre niveaux d'efficacité:
ChiffrageÉtat
4 Tout va bien, le pouls est bien perçu, régulier*
3 La circulation présente des problèmes (le coeur bat mal, ou la pression du sang est faible), ou bien il transporte peu d'oxyène (début d'empoisonnement au monoxyde de carbone, ou bien respiration défaillante) ; le personnage présente des sueurs froides et un début de pâleurs, il est faible et a des vertiges
2 La circulation est quasiment inefficace, soit le coeur est défaillant, soit la pression du sang est très basse (le pouls est alors mal perçu, par exemple grande perte de sang), soit le sang transporte très peu d'oxygène
1 La circulation est totalement inefficace voir arrêtée, ou bien le sang ne transporte pas d'oxygène du tout

* la fréquence habituelle pour un adulte au repos est de 50 à 80 pulsations par minute, c'est plus rapide pour un enfant (100 à 120 pour un nourisson) ; certaines personnes, dont les sportifs entrainés, peuvent avoir un pouls au repos plus lent (jusqu'à 30/min).

| supra | début |

Score total

On a donc trois scores de 1 à 4, l'idée est de les ajouter pour avoir un score de 3 à 12. Il ne paraît pas raisonnable de tenir une quadruple comptabilité (les trois scores et le total) pour les points de vie, d'autant plus que le score de l'une des fonctions vitales influe sur les autres ; on ne peut pas avoir 4-4-1, si l'une des fonctions est à 1, les autres sont au maximum à 2. Par contre, on peut établir une correspondance entre ce total sur 12 - càd les points de vie - et une description de l'état du personnage.
ChiffrageÉtat
12 Tout va bien
11-9 Le personnage présente une faiblesse passagère, éventuellement quelques vertiges ou nausées
8-6 Le personnage va mal et c'est visible, il est incapable de faire des efforts
5-3 Le personnage est incapable d'agir ni de parler, il perçoit juste ce qui se passe autour de lui, il passe pour mort pour une personne qui ne l'examine pas
<3 Le personnage est agonisant

Notez que le seuil critique est ici à 3, le seuil de décès à 0.

Vous pouvez adapter ces échelles descriptives à votre système préferré. Soit il possède déjà un système de seuils, auquel cas il suffit juste de coller ces seuils aux valeurs 12/9/6/3/0 de l'échelle ci-dessus. Soit vous redéfinissez les valeurs de l'échelle en fonction du nombre moyen de points de vie ; par exemple, si les humains ont en moyenne 20 PV, les valeurs seront 20/15/10/5/0. Soit vous définissez les 5 seuils en fonction du nombre total de points de vie du personnage, les valeurs sont alors des pourcentage ou fractions du nombre de PV total, càd 100 %/75 %/50 %/25 %/0 %, soit 1 - 3/4 - 1/2 - 1/4 - 0.

| supra | début | Les premiers soins dans les jeux de rôle | précédent |

*** FIN ***